Cie AtoU - Recherche d'Être à travers Kazuo Ohno

mai 2016
danse, butoh

Chorégraphe Anan Atoyama
Danseurs Marc Ribault, Sara Orselli, Yon Costes
Musicien Keiji Haino
Costumière Carole Nobiron
Administratrice Delphine Bagne
Chargée de communication Elisabetta Spadaro

C'est à travers le visionnage de ses danses et à la lecture de ses écrits que je perçois le large kaléidoscope des émotions humaines. L'émotion dans la danse peut même être taboue aujourd'hui, car elle semble trop personnelle. Mais Kazuo Ohno avait, en tant que danseur, la faculté de créer un geste universel en parlant d'un sentiment personnel. Les émotions humaines et les liens qu'elles tissent, entre les sphères personnelles et universelles, seront le point de départ de ma création et son inspiration première.

Plus précisément, la recherche initiale s'articulera autour des questions suivantes : Est-ce possible d'être soit même ? Est-ce que cela existe d'être soi-même ?

Avec les désirs de consommation sans freins et les besoins de se construire des environnements confortables et sécurisés à outrance, des individus semblent avoir perdu leur sensibilisé aux changements qui s'opèrent en eux-mêmes : ils en perdent la conscience ou sinon refusent de regarder en face ces changements.#Cela pourrait expliques le phénomène actuel des cas de dépressions qui se multiplient dans le pays au confort matériel pourtant indéniable.

Le "soi-même" est manquant, le "soi-même » est à la dérive.

La perception que j'ai de la danse de Kazuo Ohno me porte à penser qu'il avait une appréhension du "soi-même" très claire. Pour lui, ce dernier s'exprime dans le changement permanent. Le "soi-même" entretient un lien fort avec les mémoires et les expériences, mais sa force réside dans la faculté à "faire revivre tous les passés simultanément dans l'instant présent. Cette définition du "soi-même" se rattache aux courants du Zen et de l'existentialisme.

 

Le processus de création chorégraphique s'appuiera à la fois sur des mots de Kazuo Ohno ( dont la production en langue japonaise est importante) et aussi sur les magnifiques photographies d'Eikoh Hosoe qui a suivi l'artiste de nombreuse années. Ces œuvres me permettront de mettre en scène des contextes et des environnements pour aider les danseurs, lors des phases de recherche, à être au plus près du « soi-même Ohnoesque ».

En résidence du 18 au 22 avril et du 2 au 7 mai
Ouverture publique le 4 mai 2016