May B - Cie Maguy Marin

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7 avril 2015 > 11 avril 2015
RAMDAM, UN CENTRE D'ART

chorégraphie Maguy Marin avec Ulises Alvarez, Kaïs Chouibi, Laura Frigato, Florence Girardon, Johanna Moaligou, Cathy Polo, Daphné Koutsafti, Françoise Leick, Cécile Laloy, Pierre Pontvianne, Rolando Rindo, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda 
direction technique et lumières Alexandre Béneteaud
costumes
Louise Marin
musiques originales Franz Schubert, Gilles de Binche, Gavin Bryars

Clodos célestes ou fées embourbées, dix corps aux visages blafards dansent. Ils racontent l'impossibilité d'être ensemble. Ils se meuvent dans l'incapacité tragique à rester seul.

Référence de la danse contemporaine créée en 1981, May B est imprégné par l'univers beckettien et les tentatives désespérées de ses personnages à tisser des liens.

May B, aujourd’hui par Jean-Paul Manganaro

May B est un récit lointain, reculé, surgi d’un temps sans époque, d’une vie sans ordre ni mesure, d’une tension enfouie dans les rêveries de l’étrange, sans mémoire, sans histoire. La force et la puissance de May B tient dans la capacité de raconter des histoires de brisures constitutives, de mises au monde et d’enfance, de grognements et de hurlements aboutissant dans l’arc de son récit — anti-théâtral par son extrême théâtralisation — à la reconstitution d’une parade parfaitement expressionniste. C’est une fable matricielle du corps et des corps-à-corps qui met en jeu, dans son opposition à la narration, la forme des errances par des continuités qui enfantent et laissent surgir le dionysiaque comme manière de façonner la continuité d’émotion et de commotion rattrapées par la queue endiablée de l’humour. May B sait inscrire, dans l’invention d’une forme lyrico-grotesque, le renouvellement de ce quelque chose qui est « danser », en gardant devant soi tous les possibles dont « danser » lui-même dispose, les replaçant comme un jeu qui pousse jusqu’à traîner la danse dans la danse. Et le voyage par lequel s’achève l’action rassemble dans quelques valises la rouille de l’histoire de chacun partant vers une destination sans destin, comme la litanie finale, répétée à l’infini dans un bredouillement plaintif, recolle et redistribue toutes les cassures : les danseurs renvoient à chacun des spectateurs l’image rêveuse des Eldorados et des Terres promises, ainsi que les solutions possibles d’une histoire qui noie toute détresse.