Le chagrin d'Hölderlin - L'équipe de création théâtrale

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3 mars 2018 > 10 mars 2018
Théâtre
RAMDAM, UN CENTRE D'ART

avec Élisa Bernard et Heloise Zahedi
mise en scène Chantal Morel
scénographie Sylvain Lubac, Maud Destanne de Berni 
création sonore Patrick Najean
communication Collectif Midi/Minuit - Florent Barret-Boisbertrand 

Dans un premier temps, il y eut l'envie de s'approcher d'Hölderlin, le poète allemand comme on s'approcherait avec bienveillance, chaleur, douce humanité de celui dont se moque le monde.

Le rendre proche, en vie. Friedrich, Fritz, petit nom dont il se sert pour écrire à sa mère…

Partir en quête d’une existence ordinaire, ce n’est pas abolir le génie, c’est sa restitution au peuple. Le signe poétique est pour tous, le poète doit le répercuter dans le peuple.

Laisser aussi la scène s'ouvrir à ses amis : Hegel, Schelling. Les voilà les trois jeunes hommes, enfermés au pensionnat de Tübingen. Dans le froid des murs, ou dans l'air de la campagne alentour les voilà qui écrivent: "le communisme des esprits", "se souciant peu de déterminer la part qui revient à chacun dans l’élaboration d’une pensée nouvelle, qu’ils veulent universelle. Ils travaillent en commun, élaborent en commun leurs projets, leurs essais, ne distinguant pas « le tien » du « mien ». Ce désintéressement ne durera pas". (Jacques D'hondt) La vie les sépare...

Il y aura celui qui construira un système dont il sera l'unique auteur, et celui qui s'effacera dans l'encadrement d'une fenêtre d'où il pourra voir et chanter la succession des saisons, les gestes agricoles de l'homme dans un anonymat commun...

Il y a les systèmes se nourrissant à l'ombre d'un savoir qui sait tout, d'un pouvoir qui peut tout, et il y a la poésie s'abreuvant à la lumière du retrait des dieux. Retrait qui laisse l'homme responsable d'une absence de savoir, responsable de sa vie, le convoquant, l'invitant, lui faisant toute la place...

Il y a l'ami qui ne répond plus aux lettres. Il y a les grands hommes à l'ombre de leur statue se moquant de celui dont les travaux ont une ampleur inconnue. Il y a la mère qui, jusqu'au bout, voudra qu'il soit vicaire dans une église, là-bas, avec la fille du pasteur qu'il pourrait épouser... Et puis, il y a l'amour, l'exceptionnelle passion partagée avec Suzette. Elle illuminera sa vie de poète. Suzette mourra de leur séparation imposée par la norme sociale... Il travaillera encore... Puis renoncera au monde, restera en poésie, joie et silence... 37 ans...

Chantal Morel

« Les dissonances du monde sont comme les querelles des amants. La réconciliation habite la dispute, et tout ce qui a été séparé se rassemble. Les artères qui partent du coeur y reviennent : tout n’est qu’une seule vie, brûlante, éternelle. Ainsi pensais-je. J’en dirai plus une autre fois. »

Réservation en ligne nécessaire (billetterie à venir)
tarif plein 15€
tarif réduit (demandeur d'emploi et étudiant) 10€